17 Avr Bonux : Reportage photo sur la fabrication de la fameuse lessive… Made in France
Bonux : quand une marque culte reprend vie...
... et que l’image raconte l’industrie autrement
Textes et images : Jerome Poulalier
Illustration ci-contre : Archives Bonux
Il y a des marques qui traversent les générations. Et puis il y a celles qui reviennent, presque intactes dans l’imaginaire collectif, mais profondément transformées dans leur réalité industrielle.
La lessive Bonux fait partie de celles-là.
Derrière ce nom familier – connu par plus de 80% des Français – se joue aujourd’hui une histoire bien plus contemporaine qu’il n’y paraît : celle d’une relance industrielle française, portée par Héritage, une PME engagée et des équipes qui redonnent vie à un symbole du quotidien.
Héritage est également derrière la marque de cirage Baranne, que nous avions mis en image ensemble l’année dernière, à (re)découvrir ici : Reportage photo complet sur la fabrication du cirage Baranne
Une renaissance industrielle bien ancrée dans le présent
C’est en Seine-et-Marne, à Saint-Pierre-lès-Nemours, que tout se joue. Une usine reprise, 90 salariés maintenus, et une ambition claire : produire en France, durablement, sans renoncer à la compétitivité .
Ici, la relance de Bonux ne repose pas sur la nostalgie, mais sur une mécanique bien huilée. Littéralement.
Dans cette usine reprise en 2023 par le groupe Vandeputte, une ligne de production dédiée à Bonux, sur laquelle on découvre un bras robotisé, financé par Héritage, qui insère automatiquement les célèbres cadeaux dans les bouteilles. Un détail ? Pas vraiment. C’est même l’une des clés de la renaissance de la marque.
Car ces « mille cadeaux », ancrés dans l’ADN de Bonux, avaient disparu faute de solution industrielle viable. Aujourd’hui, ils reviennent grâce à une robotisation ciblée qui améliore à la fois la productivité, la qualité… et les conditions de travail.
Les bidons sont désormais conçus avec une cavité au dos, une innovation qui permet de tenir la promesse Bonux en conservant le fameux cadeaux même dans la lessive liquide.
“Il était impensable de relancer Bonux sans son célèbre cadeau ! Il a bercé l’enfance de millions de Français ! Nous voulons relancer des marques en les mettant au goût du jour tout en respectant leur ADN” précise Richard Lerosey, directeur général de Héritage.
Une marque populaire, repensée avec exigence
Relancer une marque aussi emblématique impose un niveau d’exigence élevé. L’enjeu n’est pas seulement émotionnel, il est aussi industriel, économique et environnemental.
Les formules ont été revues pour être plus saines, sans substances controversées, tout en restant efficaces et parmi les marques les plus accessibles en prix (coût au lavage passé de 26 à 19 centimes). La production est largement relocalisée en France, participant à une dynamique de réindustrialisation concrète.
“Produire français n’est pas simple mais c’est un gage de qualité important pour nous. Nous souhaitons relever ce défi de proposer dans les rayons des produits efficaces et respectueux des peaux les plus sensibles, accessibles en prix et fabriqués en France. ” souligne Sophie Malauzat, directrice marketing d’Héritage.
Résultat : une marque qui conserve son esprit d’origine – joyeuse, familiale, accessible – tout en répondant aux attentes actuelles des consommateurs.
Une forme de bon sens industriel, revendiqué.
Photographier l’industrie : rendre visible ce qui ne l’est pas
C’est dans ce contexte qu’intervient le travail du photographe industriel.
Car derrière les chiffres, les lignes de production et les innovations techniques, il y a une réalité souvent invisible : celle des gestes, des regards, des environnements de travail.
Photographier une usine comme celle de Nemours, ce n’est pas documenter une machine. C’est raconter un système humain et technique en mouvement.
C’est mettre en lumière :
- la précision d’un geste,
- la concentration d’un opérateur,
- la fluidité d’une ligne robotisée,
- ou encore la cohabitation entre savoir-faire humain et innovation industrielle.
L’image devient alors un outil stratégique.
Elle permet de traduire visuellement des engagements parfois abstraits : relocalisation, qualité, innovation, bien-être au travail. Elle incarne une promesse.
Et dans le cas de Bonux, elle joue un rôle encore plus particulier : elle relie le passé et le présent.
Elle montre que derrière une marque familière, il y a aujourd’hui une réalité industrielle moderne, exigeante et profondément humaine.
Donner à voir pour donner de la valeur
Dans un contexte où l’industrie française cherche à reconquérir sa place, la question de la visibilité est centrale.
Produire en France ne suffit pas. Encore faut-il le montrer, le rendre tangible, compréhensible.
C’est précisément là que la photographie industrielle prend tout son sens.
Elle ne se contente pas d’illustrer. Elle valorise, elle structure un discours, elle crée de la confiance. Elle permet aussi de réconcilier le grand public avec des univers qu’il connaît mal ou qu’il imagine encore comme éloignés.
Avec Bonux, l’enjeu était clair : raconter une renaissance industrielle sans tomber dans la nostalgie, montrer une usine sans la déshumaniser, et donner à voir une marque populaire sans la caricaturer.
Un exercice d’équilibre.
Et une conviction : derrière chaque produit du quotidien, il y a une histoire qui mérite d’être racontée.
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